SEANCE PLENIERE EXCEPTIONNELLE
DU C.C.E. DU 2 JUILLET 1999

 

 

CONSULTATION SUR LA PRIVATISATION DU CL

Force Ouvrière a tenu à rappeler qu'elle s'était toujours montrée défavorable au processus de privatisation du Crédit Lyonnais. En outre, après plus de cinquante années passées dans le giron de l’Etat, c’est une Entreprise diminuée, amoindrie que les responsables politiques vont livrer aux appétits du secteur privé.

 

Nous avons rappellé l’incurie de l’actionnaire principal, l’Etat, dans la gestion du Crédit Lyonnais, qui a encouragé notre Entreprise dans des opérations douteuses ou vers des mirages d’investissements spéculatifs. Il aurait sûrement été plus sage de faire jouer à une banque nationalisée son véritable rôle : c’est-à-dire favoriser avant tout le financement de secteurs d’activité créateurs d’emplois et cela, en en donnant les moyens au CL grâce à des augmentations de capital.

 

Nous avons souligné la culpabilité évidente des pouvoirs politiques qui ont mis en place des solutions à la petite semaine. Et, cela sous les yeux d’une Commission Européenne où le libéralisme se moque amplement des conséquences sur l’emploi, et qui finalement a exigé du Gouvernement français une privatisation accélérée. Malheureusement, tout porte à croire qu’une nouvelle fois, ce seront les salariés qui, rapidement, risqueront d’en faire les frais. Car les nouveaux dirigeants du Crédit Lyonnais rendu au secteur privé, n’auront de cesse d’accumuler le maximum de bénéfices non pour récompenser les salariés, mais pour gâter l’actionnariat privé.

 

Pourtant l’actuelle Direction qui veut privatiser le Crédit Lyonnais en est pleinement consciente, (cf. publicité du mois de janvier), ce sont les salariés qui ont sauvé leur Entreprise d’un gigantesque naufrage. Mais ceux-ci risquent de voir le marché les dépouiller de leur outil de travail et par là même du fruit de leurs efforts.

 

L’actualité récente ne peut que confirmer ces appréhensions. Effectivement, les divers rapprochements entrepris dans le secteur bancaire, amènent à penser que ce processus conduira à des suppressions de doublons et des rationalisations qui ne seront pas transparentes au niveau des effectifs et des salaires.

 

La constitution du GAP en constitue d’ailleurs la meilleure illustration possible. Car, il ne fait aucun doute que le Crédit Agricole arrive avec des projets très élaborés. Une fois la privatisation réalisée, le C.A. n’aura de cesse de chercher à prendre une part plus importante du capital. Et face à une concurrence de plus en plus vive, tous les gains possibles au niveau des Frais Généraux et plus particulièrement au niveau des Frais de Personnel seront recherchés. Effectivement, même si l’on peut penser que le C.A. cherchera à garder temporairement les deux enseignes, pour le middle et le back-office, il risque fort d'y avoir rapidement un rapprochement !

 

C’est donc pourquoi, pleinement consciente des risques très importants que cette privatisation peut faire courir au personnel, Force Ouvrière s'est prononcée contre le processus de privatisation !

 

VOTE : Contre : FO - CFDT - CGT / Abstention : CFTC - SNB

 

 

CONSULTATION SUR LA NOUVELLE ORGANISATION DE LA BANQUE COMMERCIALE FRANCE

 

Force Ouvrière a tenu à préciser que la professionnalisation qui devrait permettre de meilleures conditions d’exercice du métier par les salariés, et par ailleurs tout à fait justifiée, constituerait dans le cadre de cette nouvelle configuration, une rupture quasi-définitive avec les anciennes possiblités d'évolution de carrière que nous avons pu connaître : Plus de passerelle entre le secteur Entreprises et le secteur P.P. qui apportait pourtant une plus grande synergie entre ces marchés.

De plus la spécialisation induite par cette professionnalisation conduira à des économies d’échelle, et à d’éventuelles suppressions d’emplois.

 

Par ailleurs, si l’on peut adhérer au fait que la Direction vise à renforcer la cohérence des principaux métiers, il n’empêche qu’elle craint elle-même d’éventuels effets dévastateurs. Le projet sur le papier est toujours séduisant. Le faire vivre sur le terrain est une autre affaire !

 

D'autant que le problème des personnalités ne sera pas neutre. Il existait déjà, mais avec cette nouvelle organisation, il risque de s’aggraver. L’organisation matricielle a ses limites et engendrera inéluctablement des conflits d'influence.

 

De plus, cette consultation d’une nouvelle organisation de la Banque Commerciale France intervient dans un contexte de privatisation de l’entreprise ! Cette concomitance nous paraît significative ! Les projets de partenariats envisagés n’y sont sûrement pas étrangers. Au-delà, se profilent des intentions de filialisation, externalisation…

 

C'est donc pourquoi, face aux risques multiples de cloisonnement, flilialisation, économies d'échelles, mises en commun de moyens… que cette nouvelle organisation peut engendrer, et donc de menaces sur l'emploi, Force Ouvrière, s’est prononcée contre cette réorganisation.

 

VOTE : Contre : F.O. - C.F.D.T. - C.F.T.C. - C.G.T / Le SNB n'a pas pris part au vote !

 

 

OPERATION DE PRIVATISATION

 

Force Ouvrière a demandé à la Direction qu'elle effectue un rappel quant aux heures supplémentaires réalisées dans le cadre de l'opération de privatisation. Effectivement certaines hiérarchies locales privilégient la récupération ou le CET.

La Direction a rappelé que de manière prioraitaire ces heures supplémentaires devaient être payées et que les autres choix ne doivent être pris en considération que sur la volonté expresse des salariés et non des hiérarchies.

 

Force Ouvrière a demandé à la Direction si elle comptait procéder à une révision à la baisse des objectifs commerciaux compte tenu de la privatisation. La Direction a indiqué qu'elle allait se montrer attentive et prudente après l'euphorie du mois de juin. Dans l'immédiat, il n'en est pas question.

 

D'autre part, compte tenu de l'énorme succès de l'opération, Force Ouvrière a demandé à la Direction l'attribution d'une prime exceptionnelle récompensant l'ensemble du personnel et mettant fin en quelque sorte à cinq années de "galère". Effectivement, celui-ci s'est investi pleinement et sans compter tout comme il avait pu le faire pour le redressement du C.L.

La Direction a balayé d'un revers de main cette demande indiquant que la fin de l'année verrait si elle pourrait attribuer une éventuelle prime. Quel remerciement pour l'énorme travail accompli !


Sommaire