La direction a réuni le CCE en urgence afin de le consulter sur le projet de cession de la BfG.
Comme chacun s’en souvient le cession de la BfG fait partie des cessions imposées au Crédit Lyonnais par la Commission Européenne de Bruxelles du 20 mai 1998 qui prévoyait 620 Milliards de francs de cessions avant Octobre 2000.
Cette cession qui représente à elle seule plus de 216 Milliards de francs demeurait la plus importante et la plus difficile des cessions à effectuer par le Crédit Lyonnais.
Il faut savoir que la BfG est l’une des principales banques de réseau en Allemagne avec des activités dans les domaines suivants : l’immobilier, les institutionnels la banque des entreprises et les activités de marché.
La BfG est constituée de 177 agences, comptant près d’un million de clients, avec pour effectif au 31 Décembre 1998, 4888,5 UTP.Cette banque dont le Crédit Lyonnais possède 50% plus une action avait été acquise fin 1992 pour 4 Milliards 750 Millions.
Du fait de la faible rentabilité de la BfG, sa cession s’est avérée très difficile et il a fallu plus d’un an au cabinet Morgan et Stanley pour trouver un repreneur sérieux.
Ce repreneur est donc la banque Suédoise Skandinaviska Enskilda Banken qui prendra le contrôle de la BfG a compter du 1er Janvier 2000.
Cette cession s’élève à 3,1 Milliards DEM pour 100 % des actions.
Les actionnaires minoritaires de la BfG :
ABP et BGAG transférant leurs actions sur les bases d’une valeur de la banque estimée à 3,6 Milliards DEM.
FORCE OUVRIERE a réclamé à la direction des éléments plus précis concernant le volet social de cette cession, tant au niveau des salariés de la BfG (environ 5000 personnes), qu’au niveau de l’impact de cette cession sur les effectifs de certaines directions du siègedu C.L. travaillant avec la BfG.
La direction nous a assuré que le repreneur intégrant l’ensemble du personnel de la BfG comme le prévoit la législation, avait pour projet de développer les activitées de la banque.
Selon la direction les éventuelles répercussions sur les effectifs Crédit Lyonnais seraient nulles.
FORCE OUVRIERE a souhaité connaître le coût total de cette " aventure " pour le Crédit Lyonnais, l’impact sur les comptes et la politique " avenir " du Crédit Lyonnais en dehors du marché français.
La direction a réaffirmé que cette cession était accompagnée d’une constitution de provisions exceptionnelles ne remettant pas en cause les tendances de résultats annoncés par la banque pour l’ensemble de l’exercice 1999.
Cette provision exceptionnelle s’élèverait à plusieurs centaines de millions (vraisemblablement 500).
Selon la direction, la cession de la BfG permet de renforcer le ratio de solvabilité Tiers One de la banque.
Pour ce qui est de la politique du Crédit Lyonnais à l’étranger la direction a affirmé quelle s’appuierait maintenant sur ses " nouveaux Partenaires " notamment la Commerzbank en Allemagne.
La direction s’est également engagée à nous fournir plus d’informations lorsque l’opération serait finalisée.
FORCE OUVRIERE a tenu à souligner deux points importants : cette cession nous est imposée par la décision de Bruxelles, par rapport au calendrier. Est-il encore possible d’attendre afin de trouver repreneur à un prix plus intéressant ?
Constatant au fur et à mesure de l’avancée des débats en séance que les doutes subsistaient, tant en matière sociale qu’au niveau des répercussions financières globales, FORCE OUVRIERE à été amenée à s’abstenir.
Vote : Abstention : F.O. et S.N.B. pour les mêmes arguments
Contre : C.F.T.C. Refus de vote : C.G.T. C.F.D.T