LA CARENCE DES HIERARCHIES
OU LE SPLEEN AU TRAVAIL
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1er février 2002 |
Globalement, l’organisation des entreprises est sur la sellette car elle génère aujourd’hui ce qu’on n’avait pas encore imaginé : la souffrance au travail !
Cela parce que l’on demande aux hiérarchiques d’être des spécialistes des techniques de gestion, de la communication, du management, etc …
Conclusion :
Ce que les réformes successives, et celle des UC en dernier lieu, génèrent aujourd’hui, c’est une nouvelle marche dans l’échelle de PETER. Mais ce qui est grave, c’est que cela intervient à un niveau important, normalement opérationnel et logiquement très " actif " dans la pyramide de l’entreprise et non à un niveau hiérarchique élevé pour un nombre de personnes plus restreint…
Le résultat est que les salariés ne comprennent pas cette politique à courte vue qui manque de lisibilité sur le long terme et constitue une remise en cause régulière. Ils sont en quelque sorte livrés à eux-mêmes, ce qui entraîne un malaise d’un type nouveau qui est à l’origine d’une " résistance " générale et souvent de souffrance.
L’organisation du travail est en pleine déliquescence. Le modèle taylorien est obsolète. Non seulement les nouveaux hiérarchiques ne connaissent pas le travail, mais ils ne prétendent même pas le connaître. Ils sont de ce fait, tenus, pour asseoir leur autorité, d’accentuer la pression.
N’ayant plus la possibilité d’aider et de conseiller au travail, on se contente donc de contrôler et de compiler des statistiques, contrôler les agendas…On mesure les délais d’exécution et la rentabilité, tout cela sans tenir compte de la réalité du travail fourni.
Le vrai professionnalisme n’est donc plus reconnu : il est d’ailleurs en passe de disparaître au profit du calibrage, de la " vente en gros " malgré la philosophie même des nouveaux projets (Xième projet) type ACP , Ecole des Ventes …et ce qui ne rentre pas bien dans les cases fait l’objet d’allers retours permanents (type petites entreprises dans le nouveau projet de réorganisations du Marché Entreprises).
Le résultat est que chacun a l’impression que son professionnalisme et son sérieux ne sont plus reconnus. Or, renoncer à l’idée de son professionnalisme est assimilable à une perte d’identité pour le salarié, à une négation de sa mobilisation personnelle, voire de son utilité.
Certaines consignes ou procédures mises en place en dehors de la réalité même du travail, trop complexes, trop rigides, trop lourdes, amènent donc à passer à côté, malgré les risques que cela comporte, parce que simplement cela ne correspond pas à la réalité, à la nécessité du terrain…
La conscience professionnelle reste bien ancrée en chacun mais " science " et conscience se télescopent, déclenchant écoeurement et individualisme. En finale quand " trop c’est trop ", cela donne une grève suivie quelque soit le moment et les cocoricos d’un Ministre !
Dans les faits tout est en règle, mais rien n’est tout à fait conforme aux règles. L’entreprise continue à être en phase avec ses clients parce que ses salariés font de la résistance et font en plus des choses qu’on ne leur demande pas.
C’est la subjectivité dans le travail qui prend un tour de plus en plus personnel pour cause de carence des hiérarchies.
Tout reposant sur les individus, les salariés trouvent :
Dans les faits, on ne donne pas aux individus la possibilité de réaliser leur subjectivité dans une juste mesure, une mesure profitable pour tous, et tout cela au nom des cadences, délais et de ce qu’on qualifiera pudiquement " d’incongruités " dans le management.
Les salariés accordent encore beaucoup d’importance à leur travail et l’organisation ne les reconnaît pas….Il faut leur redonner la possibilité de s’exprimer, le pouvoir d’agir non seulement à titre personnel, mais collectivement dans une correcte acception du travail bien fait.
Cela passe bien sûr par l’ouverture des discussions
sur les conditions de travail tant attendues…
ATTENTION ! maintenant, le temps est compté car l’usure est forte.
Réorganisations : ratage interdit !
