RETRAITES DANS LA BANQUE :

6 octobre 2004



 

Alors qu’après un an de négociation avec l’AFB, un accord de branche avait été trouvé (via l’article 16) permettant la mise à la retraite des salariés avant 65 ans, sans incidence fiscale pour les partants, et avec une contrepartie en terme d’embauches , trois organisations syndicales : CFDT SNB et CGT ont décidé de tout remettre en cause en exerçant un droit d’opposition à l’accord signé par FO et la CFTC : voilà les premiers effets bénéfiques de la loi Fillon sur le dialogue social et l’accord majoritaire… Au delà, bel exemple de l’intérêt que portent ces 3 organisations à la défense des salariés…

 

Derrière cette procédure, on ne peut que constater qu’il s’agit en fait de la seule défense de quelques intérêts individuels chez des messieurs de plus de 60 ans (au demeurant) qui ne souhaitent pas partir (ils n’ont visiblement d’existence que dans leur Fédération) et visent surtout l’aspect financier dans une surenchère purement personnelle (sur cote des trimestres).

 

Pour FO, la priorité n’est pas là. Certes il faut tenir compte des carrières longues et des salariés qui ne peuvent avoir leur trimestres à 60 ans (l’article 16 ne l’empêche nullement), mais la priorité pour beaucoup n’est pas le travail à vie, mais le départ en retraite dès que possible et dans les meilleures conditions financières possibles.

 

Aujourd’hui, c’est donc pour les intérêts personnels de quelques " zélés négociateurs " que l’ensemble des salariés de la profession bancaire va payer la note !

C’EST UN COMBLE !

Le terme " payer la note " image bien l’incurie de ces gens : Sans accord de branche, tout salarié partant avant 65 ans et ne relevant pas d’un dispositif CATS va se trouver lourdement fiscalisé, la première conséquence étant tout bonnement pour la majorité, l’impossibilité financière de partir à la retraite. (L’AFB les chiffre d’ores et déjà à 20.000 !).

C’est proprement honteux ! Prendre en otage une profession entière dont la pyramide d’âge annonçait des départs massifs dans les prochaines années est de l’irresponsabilité pure !

Car même au C.L., pourtant couverts par un accord CATS (signé par FO) jusqu’en mars 2006, les salariés qui ne partent pas dans ce cadre et ceux qui partiront après cette date, verront leur conditions de départ grandement dégradées (tant sur le plan financier qu’au niveau de la durée)!

De plus l’article 16 prévoyait d’autres contreparties comme:

Alors pourquoi tout mettre à bas ? Ils semblent avoir " oublié " qu’ils ont été élus et mandatés par des salariés qui souhaitent légitimement voir défendre leurs intérêts dans la profession, et non pas pour négocier le cas particulier de tel ou tel représentant fédéral d’Organisations Syndicales malheureusement majoritaires.

Il est important d’imager clairement les conséquences de ces conduites scandaleuses :

Cas d’un salarié Technicien de 60 ans, disposant de 35 ans d’ancienneté, avec un salaire de base annuel de fin d’activité de 35000 € et une prime de 1250 €, désirant partir à la retraite.

 

Exemple 1

sans accord de branche

Exemple 2

Avec l’article 16

Indemnité conventionnelle

*6730,77 €

**15607,64 €

Charges sociales 20%

-1346,15 €

0

=

= 5384 €

= 15607,64 €

Impôts (30%)

- 1615,38 €

0

 

= 3769,23 €

= 15607,64 €

*2,5 mois X 35000/13

**application de l’article 16 : *1/10°de mois par année d’ancienneté + 1/15° au-delà des 10 ans par référence aux rémunérations perçues sur les 12 derniers mois primes incluses

Soit (35000+1250)/12X35+1/15°(35000+1250°X25) :12= 15.607,64 €

Les chiffres sont parlants :

L’INDEMNITE DE DEPART EN RETRAITE EST REDUITE DE 76 % !

Jugez par vous même de la gravité de la non application de l’article 16 pour l’ensemble de la profession bancaire. Où est l’intérêt collectif des salariés dans l’exercice du droit d’opposition ? Si certains ont fait le choix du terrorisme, de la mise à mal du dialogue social et de la disparition de la négociation de branche, ce sont bien les salariés qui vont en subir les conséquences et payer la note finale (longue et salée). A FO, nous considérons que notre rôle n’est pas celui-là. Nous sommes là pour négocier, revendiquer et obtenir plus pour le personnel des banques. Mais il est vrai qu’il est toujours plus facile de gesticuler et tergiverser que de prendre ses responsabilités en signant un accord bénéficiant à des milliers de salariés.

Non seulement le salarié de la profession bancaire verra sa retraite amputée, mais celui du C.L. qui va voir la fin du dispositif CATS sans pouvoir y entrer, n’est pas au bout de ses peines : la Direction - pour l’heure - n’envisage pas de créer un nouveau dispositif pour le réseau. De plus, ceux qui ne souhaitaient pas partir dans le cadre du CATS mais à 60 ans et plus seront également impactés faute d’application de l’Article 16 signé par FO et la C.F.T.C.

 

LE 21 OCTOBRE VOTEZ ET FAITES VOTER

POUR LES CANDIDATS F.O.


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