CREDIT AGRICOLE :
DES STRUCTURES TRES COMPLEXES...


le 7 février 2003



Depuis décembre dernier et l’annonce du projet d’OPE / OPA du Crédit Agricole S.A. sur le Crédit Lyonnais, beaucoup d’informations ont été données en terme d’emploi et d’organisation, sans pour cela permettre une totale visibilité.

Pour F.O. dans l’attente d’une décision du CECEI, un rappel semble nécessaire.

Pour les chiffres : le groupe Crédit Agricole représente 100.000 salariés, il est composé de 48 caisses régionales ayant leur propre réseau et leurs unités de traitement administratif.

Il est également composé de filiales regroupées au sein de CASA, présentes en France et à l’étranger , sachant que CASA emploie à elle seule 30.000 salariés.

Les 100.000 salariés du Crédit Agricole ne sont pas régis par les mêmes conventions collectives, et peuvent au sein de la même entreprise avoir des statuts très différents : détachés, mis à disposition….

 

Pour mieux comprendre voici un schéma de l’organisation interne du " Crédit Agricole " :

 

 

Comme vous pouvez le constater, au Crédit Agricole, contrairement au Crédit Lyonnais, l’organisation n’est pas centralisée et il existe plusieurs structures qui cohabitent avec des interactions plus ou moins complexes.

Les deux structures " décisionnelles " sont donc la " Fédération des caisses régionales " avec C.A.S.A. qui constitue le moteur, ce qui n’empêche pas chaque caisse régionale d’avoir une grande autonomie.

Vous pouvez également constater qu’il y a une notion de pouvoir partagé très présente au Crédit Agricole car si les caisses régionales détiennent CASA (ex caisse nationale) CASA détient également 25% des caisses régionales.

C’est donc CASA (et non directement les caisses régionales) qui a annoncé son intention de devenir " propriétaire " du C.L., le C.L. pouvant ainsi devenir une nouvelle filiale de CASA.

Le réseau et les UAC du C.L. ne se trouveraient donc pas intégrés et ne seraient pas en relation directe avec le réseau et l’après vente des caisses régionales.

Les rapprochements ou plutôt les synergies entre le C.L. et CASA seront donc limitées dans un premier temps suivant le degré de réussite de l’OPA, à l’opération entre le C.L. (BFI essentiellement) et CAI.

En effet, pour le moment, seul le rapprochement BFI / CAI a été nettement annoncé, mais sans pour cela que l’on sache clairement si les choses allaient se dérouler au sein du C.L., ou dans une nouvelle structure regroupant les deux, ou enfin dans un premier temps " chacun chez soi "…

Une chose est sûre, l’essentiel des 4600 suppressions de postes annoncées sur trois ans auraient lieu sur ces deux entités, et pour 50% à l’étranger, les deux directions ayant annoncé que dans le même temps les départs naturels s’élevaient à 4600 par an.

Pour F.O., il est important de ne pas crier au loup. En effet, nous n’avons jamais été partisans d’écrire n’importe quoi, de lancer des chiffres sans fondement, comme certains qui vous disaient récemment de ne pas vous affoler, que le C.L. ne risquait rien et qui maintenant vous annoncent 14.000 suppressions de postes !

Pour nous, ces chiffres ne reposent sur aucun élément concret. Tant que le schéma définitif de la future structure n’est pas connu, il est impossible d’avoir une réflexion sensée et fondée sur des sources étayées, quant à l’évolution de l’emploi dans les deux établissements.

F.O. restera ferme sur les éléments et les précisions que doit nous fournir le Crédit Agricole, afin d’obtenir un maximum d’engagements sur le devenir du C.L. et de ses emplois. C’est en ce sens que nous avons demandé un audit sur les deux structures.

Attendons donc d’en savoir plus, avec dans un premier temps, l’accord du CECEI sur le projet d’OPE/OPA, avec en corollaire sa conclusion sur le respect des critères de concurrence et de position dominante (+ de 30% du marché).

Nous analyserons ensuite l’opération selon le degré de réussite de l’offre, car si CASA arrive à obtenir 95% des titres du C.L., il pourrait alors procéder au retrait des titres C.L. et intégrer le C.L. directement dans la structure CASA et pas comme filiale, tout comme l’intégration de CAI dans le C.L. ou la sortie de BFI du C.L. . Quelles seront alors les conséquences sur l’emploi ?

Pour F.O. le danger le plus important aujourd’hui serait une décision du CECEI qui, pour des critères de concurrence, imposerait au CL et à CASA de limiter ou de diminuer leurs implantations dans certaines régions, allant jusqu’à demander la fermeture ou la cession de certains points de vente.

F.O. est opposée à ce type de " charcutage " totalement néfaste pour l’emploi, puisque pris en dehors de toute considération d’effectifs dans les deux groupes.

Une fois cette échéance passée, il faudra alors que le Crédit Agricole apporte des informations concrètes sur son projet et des engagements précis en terme d’emploi, de manière plus " consistante " que ce qu’il a pu faire jusqu’alors, avec à la clef la question suivante : " QUID DU CREDIT LYONNAIS DANS TROIS ANS ? "

Tous les engagements pour l’heure se limitent en effet à 3 ans, mais après ? Le C.L. existera-t-il toujours, son réseau, ses UAC ? rien n’est moins sûr malheureusement !

Alors plus que jamais votre vote aux prochaines élections de C.E. et D.P. aura son importance, car ce sont ces élus qui défendront vos droits et vos emplois.

 

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