NEGOCIATION ANNUELLE DES SALAIRES

Janvier 2004



Une fois de plus, il ne faudra pas compter cette année, sur une augmentation générale des salaires. Si augmentation de salaire il y a, ce sera sous forme d'attribution individuelle.

Pourtant, on sait que l'inflation dépasse les 2%, que l'Entreprise annonce cette année encore de bons résultats, et ce après un mariage en grandes pompes avec le Crédit Agricole. Or, le C.L. malgré ce contexte qu'on pourrait qualifier " d'ouverture ", est encore incapable de mener une politique salariale digne de ce nom, après des années de vaches maigres.

Les chiffres sont là ! Ils ne peuvent être niés : le C.L. est encore et toujours en retard en terme de salaires sur ses principaux concurrents (BNP, SG, CIC, ...) et ce retard continue à s'accentuer du fait de l'absence de mesures générales pérennes.

Cette année donc, il faudra se contenter d'une prime :





Elle sera versée sur la fiche de paye du mois de Février. Pour rappel, elle ne s'applique qu'au personnel présent à l'effectif au 31 décembre 2003 et au prorata du temps de travail (le De Robien étant un temps plein). A noter que cette mesure représente 1/3 de l'enveloppe budgétaire de cette année, 2/3 sont à la main des hiérarchies locales.

Tous les techniciens et le premier échelon de cadres devraient être couverts par ces mesures. L'évolution salariale des autres est suspendue au bon vouloir des hiérarchiques via le saupoudrage plus ou moins dense de mesures individuelles. Ces mesures sont fatalement inégalitaires.

Pour F.O. cette priorité faite aux mesures individuelles toujours plus importantes va à l'encontre de la cohésion de l'entreprise ! On cultive la mentalité de mercenaire au détriment de l'esprit collectif...

Pourtant, la connivence de l'individualisme avec le pessimisme collectif est profonde et chacun reste bel et bien attaché (à des degrés divers, certes !) à une identité commune avec son environnement. Chacun cherche ce qui le raccroche à un " destin collectif ".

En pleine opération de rapprochement, ce sentiment est d'ailleurs très palpable.

La politique salariale pourrait et devrait permettre l'effet miroir nécessaire à ce besoin identitaire et roboratif.

Elle devrait permettre à chaque salarié de bénéficier d'augmentations de salaires grâce à la distribution des bénéfices engrangés par son entreprise.

Or, cette année avec plus de 2% d'inflation, l'attribution d'une simple prime mettra en évidence le risque pour près de 3 salariés sur 4 de voir leur pouvoir d'achat se réduire, ce qui demeure particulièrement choquant dans une profession qui engrange de façon récurrente de substantiels bénéfices.

Et, on ose demander au Personnel d'être plus que jamais motivé, impliqué ! On sait pourtant bien que la motivation ne se commande pas : elle résulte du sentiment d'être traité justement. Or, pour beaucoup, on en est loin !

A ce stade, pour F.O., rien n'est inéluctable : nous en voulons pour preuve le changement de position de la Direction concernant la Garantie Salariale Individuelle (GSI) : si jusqu'alors notre entreprise l'appliquait de façon restrictive (les salariés en bénéficiant une année n'étaient plus concernés pour 5 ans) et ne voulait pas revenir sur ces modalités, à partir de cette année, elle l'appliquera tous les ans à tous au C.L..

ET CE, A LA DEMANDE EXCLUSIVE ET REPETEE DE FORCE OUVRIERE !

Car cette GSI n'est pas une mesurette de rattrapage : le nombre d'éligibles l'année passée le prouve (près de 10% de l'effectif). Le C.L. est encore et toujours l'établissement AFB où elle s'applique le plus.

Mais ne nous contentons pas uniquement de cette " voiture balai " pour compléter une politique salariale insuffisante, car demain la profession (et donc le C.L .) aura besoin d'embaucher en nombre, des jeunes pour rééquilibrer sa pyramide d'âge, et ces jeunes risquent d'éviter un établissement réputé pour sa politique salariale déficiente...


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