Les nouvelles normes comptables ou nouvelles législations sont de plus en plus exigeantes vis-à-vis des banques et donc, par rebond, les banques vis à vis de leurs conseillers. Ces derniers se voient communiquer régulièrement des règles de déontologie de plus en plus strictes. La hiérarchie demande même, dans certains cas, de signer un document, qui a pour effet d’engager sa propre responsabilité en cas de non respect de celles-ci. Or, dans les minutes qui suivent, il arrive qu’on impose, par tous moyens, de réaliser telle ou telle vente, mettant alors le salarié en situation de transgression de ces règles qu’on lui a, par ailleurs, demandé d’accepter.
Pour FO, c’est inadmissible mais malheureusement de plus en plus fréquent !
La Direction entretient le flou et se retranche derrière des obligations légales de plus en plus nombreuses. Cette problématique n’a pas pour origine principale le contenu des règles de déontologie ni des procédures. Elle est surtout la résultante d’une pression commerciale beaucoup trop importante, d’objectifs disproportionnés voire même revus à la hausse (la louche de plus-plus!).
Toutefois, pour la Direction les choses sont simples :
Puisque le salarié a été informé des règles de déontologie, il doit les respecter faute de quoi, des sanctions pouvant aller jusqu’au licenciement peuvent être prises. Chacun d’entre nous doit donc bien garder cela à l’esprit : le non respect de la déontologie est synonyme de sanctions. Ces sanctions peuvent non seulement être internes (blâme, rétrogradation…) mais aussi externes (poursuite juridique, plainte du fisc…). Souvent, dans ces cas là, Le Crédit Lyonnais s’est, quant à lui, déjà couvert. Et le salarié se retrouve donc seul face aux ennuis.
Le risque existe hélas de manière beaucoup plus fréquente ces derniers temps :
- des objectifs commerciaux trop élevés,
- des moyens de réali-sations inadéquats,
- une pression hiérarchique disproportionnée,
poussent le salarié à la faute.
Que faire donc pour se prémunir ?
1. Respecter avant tout les règles de déontologie et consignes de sécurité. Cela parait une lapalissade mais au quotidien, en agence, il est bien souvent difficile de s’y conformer.
2. Si votre hiérarchie vous incite à réaliser des opérations commerciales susceptibles d’être en contradiction avec les règles en vigueur, il est dans votre intérêt de refuser de les effectuer ou, au pire, de consigner par écrit l’ordre d’exécution signé par la hiérarchie et saisir l’échelon supérieur :
Cela s’appelle le devoir d’alerte.
3. Prenez le temps de réexaminer ou même pour certains, simplement, de consulter les règles de déontologie (consultables sur Color).
4. Ne saisissez aucune opération sur vos comptes et ceux de vos proches, même si vous avez procuration.
Ce qui peut sembler anodin (endosser le chèque pour un proche, exécuter un ordre de bourse sans écrit du client…) peut devenir un motif de sanction voire de licenciement pour non respect de la déontologie.
Bien que tous ces éléments apparaissent comme des évidences, malheureu-sement, il n’est pas rare, ces derniers temps, que le non respect des procédures pousse un salarié de LCL vers la porte !
Que dire également des pressions sur la gestion des comptes CLP, sur les menaces qui peuvent être proférées : "Vous avez jusqu’à ce soir pour régulariser !" " Débrouillez vous pour trouver une solution " " Régularisez ce compte ou… ". L’instauration d’un climat de suspicion pousse certains CLP à masquer une situation financière critique.
Pour FO, cela est inacceptable !
Il est anormal que certains DPP déclarent ignorer les problèmes financiers de certains de leurs collaborateurs (avec tous les clignotants existant actuellement), alors que des solutions peuvent être trouvées après dialogue.
De plus, le service social doit, le cas échéant, être associé dans la recherche de solutions car il existe bien un service social à LCL, même si beaucoup semblent l’avoir oublié !
Le CLP est aussi un client ! Il a le droit d’être considéré, écouté et conseillé.
A défaut de conseil, on contraint le salarié à effectuer des opérations qui pourraient lui être reprochées (remise de chèques en provenance de compte de tiers, virement exécuté sur sa session, cavalerie…). Toutes les conditions sont réunies pour enfreindre les règles et la sanction tombe comme un couperet, c’est honteux ! N’oublions pas que, dans la plupart des cas, une transgression fait " tâche d’huile ". La Direction sanctionne également des collègues au titre de la responsabilité périphérique. Il ne faut pas perdre de vue, qu’au final, ce sont des vies qui basculent. La sanction et au pire la perte de l’emploi ont des conséquences désastreuses pour le salarié (et sa famille) qui n’a pas pu résister aux pressions.
N’attendez pas la clémence de la Direction !
Car il n’y a pas de clémence : 30 ans de service au sein de la Maison, de bonnes appréciations, l’absence de préjudice financier tant pour le client que pour l’entreprise, qu’à cela ne tienne, c’est le licenciement !
Et même si la commission de recours rend un avis défavorable au licenciement, la Direction ayant le dernier mot, fait régulièrement fi de cet avis (pourtant paritaire) en maintenant la sanction et licencie malgré tout le salarié !
FO souhaite que toutes ces pratiques de pressions (commerciales ou autres) cessent immédiatement.
Si LCL veut être inattaquable au plan de la déontologie, qu’il s’en donne les moyens par la définition d’objectifs commerciaux réalistes, un dimen-sionnement adapté en effectifs et une politique de formation digne de ce nom.
Pour FO, seuls ces choix peuvent inverser cette spirale infernale qui consiste à pousser insidieusement des salariés à la faute.
