CAPITAL DU CL
SURENCHERE DANS LA PRISE PARTICIPATION


13 décembre 2002



Le Crédit Agricole vient d’annoncer détenir 17,4% du capital du C.L. (redevenant ainsi notre premier actionnaire) et M. Peyrelevade vient d’être mandaté par le conseil d’administration pour " étudier complètement " un rapprochement des deux établissements.

Pour sa part, la BNP, elle, a décidé d’opérer plus en douceur : M. PEBEREAU donne l’assurance de procéder comme il l’a toujours fait chez lui, c’est-à-dire " modernisation et développement dans le respect de chacun " (selon ses propres écrits), ce qui démontre à l’évidence sa " volonté de concilier les exigences du marché et l’attention aux personnes ".

Les valeurs humaines chez BNP-PARIBAS sont, selon les déclarations de son PDG, profondément enracinées. Preuve en est la qualité du dialogue social et l’esprit de solidarité.

 

En admettant que l’on donne quitus à M. PEBEREAU de tous les éloges dont il se pare lui-même, le passé social des entreprises à envergure nationale qui ont des ambitions européennes (et plus) ne peut plus guère constituer une quelconque garantie pour les salariés dans le contexte économique actuel de surenchère permanente.

 

Au CL, chacun, dans le réseau commercial, connaît les implantations des ses " confrères " et sait que dans toutes les villes – grandes et moyennes -, si ce n’est même les petites agglomérations, l’enseigne BNP n’est jamais bien loin de celle du CL ou de la SG.

 

Mais ne nous y trompons pas : un rapprochement avec le Crédit Agricole ne sera pas non plus " indolore " pour notre réseau, en province notamment où les parts de marché du CL sont incomparablement plus faibles que celles du Crédit Agricole. Par contre, des études sont en cours depuis de nombreux mois pour peaufiner des projets communs.

 

En tout état de cause, quel que soit le projet, et même à enseigne préservée - et supposons-le -, force commerciale maintenue de part et d’autre, qu’en sera-t-il des fonctions dirigeantes (RUC, DPP et autres) des fonctions supports (DRH, informatique, plateformes téléphoniques…), des back-office (UAC)… Qu’en sera-t-il des autres secteurs d’activité (gestion d’actifs, salles des marchés, etc…) ?

 

Quels sont les projets industriels structurants annoncés ? Pour le moment, nous ne voyons que synergies destructrices d’emplois. Les chiffres sont parlants :

 

BNP

CREDIT LYONNAIS

2.200 points de vente

1.850 points de vente

38.466,90 UTP

dont 34.655 temps plein

3.811,90 temps partiel

29.095 UTP

 

39.919 personnes

31.179 personnes

dont 21.843 temps plein

4.957 temps plein de Robien

4.379 temps partiel

 

Répartition des effectifs

 

Fonctions support (informatique, ressources humaines, etc…)

4.685,20 UTP

6.826 personnes

Métiers commerciaux*

25.322,20 UTP

16.484 personnes

 

*Dont DA 1.462,60

*Dont DA 1.627-

Chargés clientèle PP

4.186,90

5.524

Chargés d’affaires Pro

1.216,50

1.380

Chargés d’affaires Ent

704,70

713

Conseillers patrimoine

2.591

867

Accueil tél.

299

100

Autres métiers du réseau

8.661,88

7.900

Métiers de traitement

7.662,25 UTP

7.869 personnes

 

Dans l’attente de la décision du CECEI, Crédit Agricole et BNP-Paribas font désormais de la surenchère dans le rachat sauvage d’actions sur le marché (plus de 3 milliards d’euros chacun) et le surcoût qu’ils ont accepté ne pourra bien évidemment pas rester sans contrepartie !

 

Alors quoi de surprenant à ce que M. Peyrelevade continue à étudier les propositions des membres du GAP avec une attention particulière ?

 

Quoi de surprenant dans le délai qu’impose le Conseil d’administration dans l’attribution d’un ou deux sièges à la BNP. Il apparaît tout à fait cohérent qu’il conditionne la réponse très logiquement à la décision du CECEI ?

 

Mais ne nous leurrons pas… A terme, les gains de productivité repasseront bien encore par la case " Frais de Personnel " … Alors serrons nous les coudes, car il convient d’adhérer à toute action qui viserait à éviter la précipitation dans les décisions qui conditionnent le sort de l’entreprise et de ses 30.000 salariés.

 

Le 16 décembre 2002

n’hésitez pas à vous joindre aux délégués syndicaux

des établissements bancaires qui manifesteront

leur hostilité aux " méga-fusions "

et leur souci de la préservation des emplois

devant le CECEI !

Rendez-vous Lundi 16 Décembre 2002

à partir de 11 H 30

devant la Banque de France - Rue Radziwill (75001)


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