|
14 juin 2005 |
Dans une période pourtant porteuse pour les banques françaises, les politiques de rémunération sont loin d’être du même acabit que les bénéfices record à nouveau enregistrés en 2004. En effet, si l’on compare le niveau des résultats de certains établissements avec les mesures générales accordées, on en arrive rapidement à un constat édifiant sur le décalage entre les bénéfices et leur redistribution sous forme de mesures salariales.
Vous pouvez d’ailleurs en juger par vous-même sur le tableau ci-dessous :
|
Résultat net part du groupe 2004 (*) |
Mesures salariales 2004 |
Résultat net part du groupe 2003(*) |
Mesures salariales 2003 |
|
|
BNP |
4,67 |
+0,90% d’augmentation et prime de 15% d’une mensualité |
3,76 |
+1,8% d’augmentation et prime de 0,8% d’une mensualité |
|
CL |
3,7 |
Techn :.de 1 à 0,7% d’augmentation suivant l’échelon. Cadres :Prime 450€ si RBA < à 35000€ |
2,57 |
Prime 500 ou 300 € suivant RBA |
|
SG |
3,13 |
Prime de 23% d’une mensualité avec un minimum de 350€ |
2,49 |
Augmentation de 350€ pour une RBA inf.à 40000€. |
*milliards d’Euros
A noter au passage, que nos patrons ne se sont pas oubliés en terme d’augmentation de salaire, puisque par exemple, à C.A.s.a. (notre nouveau propriétaire), le Directeur Général Jean Laurent a vu sa rémunération annuelle fixe progresser de 20% passant de 500.000€ à 600.000€, et le Directeur Général Adjoint Georges Pauget, s’allouant quant à lui 40% (de 250.000€ à 350.000€).
Comme le dit l’expression : on n’est jamais mieux servi que par soi-même.
Mais lorsque l’on s’octroie une telle augmentation, on ne devrait pas oublier l’ensemble des salariés…
Comme quoi, dans le domaine des salaires il y a réellement 2 poids 2 mesures !
ET NOUS, DANS TOUT ÇA ?
Pour FO, il est urgent de mettre en œuvre une politique salariale en adéquation avec les résultats.
La solution passe par une augmentation pérenne des salaires et non pas, comme actuellement, exclusivement par des mesures individuelles ou en augmentant la partie variable de la rémunération.
Car de nos jours, la Direction privilégie la part variable au détriment du fixe, ce qui crée de plus en plus d’inégalités, mais surtout, génère une forme de précarité salariale.
Même si le terme précarité est fort, il révèle bien la situation délicate dans laquelle peut se retrouver le salarié : charges familiales incompressibles face à une rémunération aléatoire.
Par exemple, même si le variable est bien pris en compte dans les revenus pour l’octroi de crédits, qu’advient-il lors d’arrêts de travail ou d’un changement de commissionnement ?……
Des objectifs imposés de plus en plus ambitieux, voire irréalisables, obligent le salarié à subir une pression sans cesse plus importante, afin de maintenir son niveau de revenus.
Mal-être au travail et même des pathologies comme le stress ou la dépression sont devenues, hélas, monnaie courante.
Pour FO, le salaire est la principale relation contractuelle et structurante avec l’employeur.
Il doit évoluer régulièrement et permettre ainsi une réelle perspective de carrière en " sécurisant l’avenir du salarié ". En effet, seul le salaire est pris en compte pour la retraite.
D’ailleurs à l’occasion de l’augmentation de capital C.A.s.a., dixit la Direction : " l’intéressement (perçu en compte ou non) n’est pas considéré comme de la rémunération. Il n’entre pas dans le calcul de la rémunération annuelle brute ".
Et puisque nous parlons de RVC……:
|
Intéressement* |
Participation* |
Total* |
|
|
C.L. |
RVC |
2500€ |
|
|
Caisses Régionales Aquitaine |
|
5817€ | |
|
BNP |
2185 |
4312 |
6497€ |
|
Prédica |
2800 |
3900 |
6700€ |
|
Calyon |
10% de la RBA en moyenne 3300€ |
||
*chiffres moyens par établissement
Comme vous pouvez la constater, le CL est encore le dernier de la classe, tant au plan AFB qu’au sein du groupe Crédit Agricole.
Là encore, il y a deux poids deux mesures. Même si cette année, au CL, la somme n’est pas négligeable, on reste, malgré tout, bien loin des confrères !.
Les faits sont là, les éléments variables prennent une part de plus en plus importante dans notre rétribution : BONUS, CSV, intéressement, participation…sachant qu’ils restent " à la main " de la Direction qui peut à sa guise les réajuster à la hausse comme à la baisse.
Cette Direction additionne allègrement tous ces éléments variables (alors que très disparates), dans l’unique but de les substituer à de réelles mesures salariales (et de vous les faire oublier), mesures de plus en plus rares et ne touchant quasiment plus les cadres du CL.
Ne tombons pas dans le piège ; la RVC (intéressement et participation) même si elle constitue un complément appréciable de ressources, n’est pas récurrente et ne construit pas l’avenir..
De plus, faute de cotisations sociales, (une aubaine pour l’employeur) elle contribue aux déficits des régimes sociaux dont chacun va devoir payer la remise à plat.
Il est urgent que de véritables négociations
s’ouvrent dès l’automne.
Il sera important de vous mobiliser pour faire que les bons résultats de notre entreprise ne profitent pas seulement à une minorité mais à l’ensemble des salariés qui y participent au quotidien au sein de chaque agence, chaque UAC, Centre d’Affaires…..
POUR FO, LE SUJET EST LOIN D'ETRE CLOS !
Il faudra se mobiliser pour que les choses changent.