SALAIRES ET CLASSIFICATIONS :

QUI S’Y RETROUVE ????


25 avril 2001

Ce n'est pas simplement le poids des habitudes : les salariés du Crédit Lyonnais ont beaucoup de mal à comprendre et à se situer dans la nouvelle grille de classification édictée par la nouvelle convention collective.

Cette nouvelle grille classe, en effet, dans un même échelon, des salariés qui jusqu’alors avaient des coefficients différents, ce qui a pour effet de donner aux uns l’impression d’avoir été dégradés et aux autres de devoir attendre longtemps pour atteindre la prochaine marche.

 

Pourtant, tout pourrait facilement être expliqué si les perspectives de carrière étaient claires et les évolutions salariales bien comprises, mais là c’est loin d’être le cas !

En effet, avec un nombre d’échelons moins important, les salariés ont l’impression - cela semble évident – que, si par le passé ils pouvaient changer de coefficient en moyenne tous les 4 ans, les choses maintenant vont être beaucoup plus difficiles.

De plus, si le salaire en points permettait de connaître les augmentations de salaire liées à un changement de coefficient, aujourd’hui, les changements d’échelon ne sont accompagnés d’aucune automaticité et là, entre Direction et salarié les interprétations sont très différentes : Pour la direction, cela permet beaucoup plus de liberté et de possibilité et donc d’opportunité, pour le commun des salariés, tout est opaque et "à la tête du client", et cette opportunité n'est pas ressentie comme un avantage.

 

La seule chose qui est sûre actuellement est que tout changement de classification doit représenter une augmentation minimum de RBA de 2000 F pour le salarié, mais il peut d’une part y avoir changement de poste sans changement d’échelon et d’autre part augmentation de RBA sans changement de poste !!!

En résumé : TOUT EST POSSIBLE !!!

La question qui revient le plus souvent est donc : "  quand vais-je changer de classification " ? Là, rien n’est acquis, car pour ce faire il faut changer de poste et atteindre dans la tenue de son poste " un niveau de compétence cible ", ce niveau cible pouvant être atteint longtemps après la prise de poste, alors que si l’on vous a confié ce poste c’était parce que vous aviez fait preuve de certaines compétences….On peut donc changer de poste, augmenter ses responsabilités et ne changer d’échelon que bien plus tard.

Pour la Direction " tout est logique ", il faut que le salarié prouve ses compétences dans le poste pour évoluer. De plus, si le salarié fait montre de certaines performances reconnues par ses hiérarchiques, rien n’empêche qu’il bénéficie d'une augmentation de salaire : FAITES CONFIANCE AUX HIERARCHIQUES !

 

MAIS DANS LES FAITS : C'EST L'ARBITRAIRE TOTAL !

 

Pour .F.O., cette application de la nouvelle convention collective par le Crédit Lyonnais est on ne peut plus floue, et risque en effet de faire la part belle à l’arbitraire. Cela conduit donc à une incompréhension du système et par voie de conséquence à un rejet en bloc de toute la Convention Collective.

En prime, on se trouve dans l’impossibilité de faire appel à une réelle instance de recours, les commissions paritaires ayant disparu (les 5 Organisations Syndicales. du C.L. ont demandé la création d’une nouvelle instance sans succès).

De plus, tout ceci entretient un sentiment d'injustice, voire de rancœur, les salariés comprenant mal la politique salariale de l’entreprise, qui redevenue bénéficiaire grâce à ses salariés, n'a pas encore su réellement les récompenser.

En effet malgré les demandes unanimes des Organisations Syndicales de mesures salariales générales significatives (5% d’augmentation et 3000 F de prime), le Crédit Lyonnais s’est contenté d’accorder de manière unilatérale 0,5% d’augmentation et 1000F de prime, favorisant en parallèle les attributions individuelles.

 

Pour F.O., si le Crédit Lyonnais est aujourd’hui revenu à meilleure fortune, c’est grâce à l’ensemble de ses salariés, à la cohésion de ses " équipes ".En privilégiant les mesures individuelles qui atteignent pour certains des montants indécents, il risque de mettre à mal la cohésion qui existe au sein des équipes du réseau et des UAC.

Car actuellement heureusement cette cohésion existe encore, sinon comment ferait-on face à des conditions d’effectifs déplorables, certains points de vente ne fonctionnant que grâce à l’esprit d’équipe et de solidarité des salariés.

F.O. reste donc opposée à cette politique d’individualisation extrême des salaires qui crée au sein de notre entreprise des clivages et des inégalités inacceptables et incomprises.

 

F.O. souhaite que le Crédit Lyonnais revoie d'ores et déjà sa politique salariale et " réajuste " rapidement la rémunération de ses salariés, qui le méritent amplement, ce qui évitera ensuite que l’on assiste à une nouvelle augmentation du nombre de départ de salariés vers la concurrence, y compris de jeunes salariés qui décèlent vite les incohérences du système.


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