Notre information du 07 mars vous donnait les grandes lignes des résultats 1999 du Crédit Lyonnais qui marquaient - aux dires de la Direction -, la fin de notre convalescence. A 3,6 milliards de francs de résultat net, la guérison n'est donc pas totalement assurée, puisque le Personnel est encore moins bien loti que l'an passé !
En effet, la communication du Président Peyrelevade dans " En Direct " a mis essentiellement l'accent sur le versement de deux primes, en allant d'ailleurs jusqu'à associer dans le même message la possibilité de souscrire à une future augmentation de capital à des conditions privilégiées.
Les montants approximatifs évoqués de primes d'intéressement et de participation, respectivement de l'ordre de 6000 et 4500 Frs, correspondent bien aux diverses rumeurs propagées dans le réseau depuis un mois pour calmer les aigreurs des uns et des autres...Cela peut effectivement constituer un baume apaisant pour bon nombre de nos collègues, mais cela ne peut en aucun cas être assimilé à une réelle politique de REMUNERATION ! Il n'y a aucun élément récurrent dans la politique salariale actuelle de l'entreprise permettant à un salarié de constater une quelconque évolution de carrière depuis plusieurs années s'il n'a pas eu l'opportunité de changer de fonction !
Il faut rappeler que, lors de la récente négociation annuelle d'entreprise, la Direction avait refusé toute augmentation générale de salaire pour l'ensemble du Personnel du C.L. et avait également repoussé toute idée de prime liée à la réussite de la privatisation, en arguant qu'en moyenne, chaque salarié du C.L. avait vu sa rémunération progresser de 5% !
En effet, d'après " Les Echos ", les membres du comité exécutif se sont octroyés eux-mêmes des augmentations substantielles. Des augmentations allant du simple au double (de 2 millions de francs en 1999 à 4,2 millions en 2000 pour le Président), sans compter l'octroi de rémunération variable. Les chiffres apparaissent dans les comptes 1999.
C'est d'autant plus choquant que beaucoup de collègues voient leur salaire stagner, que le commissionnement sur ventes actuel apporte plus de frustration que de satisfaction, que le redressement du C.L. et la réussite de la privatisation sont dûs à la mobilisation des salariés, tant du réseau que de l'après-vente. C'est surtout méconnaître l'état moral actuel des troupes après les restructurations incessantes menées ces dernières années au pas de charge et aux conséquences négatives. Sans compter que s'ajoutent à cela les incertitudes liées aux partenariats...
Comment alors s'étonner de la démobilisation de bon nombre de nos collègues, y compris dans le réseau, dont certains, quels que soient leur âge, leur poste, leurs responsabilités, souhaitent quitter le navire ?
Plus que jamais la Direction du C.L. aurait dû répondre favorablement à la demande d'augmentation de salaire faite par FORCE OUVRIERE. L'effort de transparence est certes, louable comme le relève la presse, mais ces augmentations sont indécentes, quand ce sont ceux-là mêmes qui refusent toute augmentation à l'ensemble du Personnel qui s'en accordent dans de telles proportions.