FEMMES : L’INEGALITE EN TOUTE LEGALITE


 

Octobre 1999

 

 

 

 

L'évolution du travail des femmes peut se traduire par une bipolarisation : une minorité occupe des emplois très qualifiés, alors qu'une forte majorité est cantonnée dans des emplois peu qualifiés. En 10 ans, la part des femmes parmi les cadres et professions intellectuelles est passée de 27 à 34 % mais 60% sont encore ouvrières ou employées.

 

 

Si l'on a observé un mouvement global d'élévation du niveau scolaire et universitaire des femmes, l'écrasante majorité reste encore cantonnée aux emplois salariés d'exécution. Ces emplois sont peu qualifiés, mal rémunérés et souvent à temps partiel.

 

 

En 1998, parmi les personnes qui gagnent moins de 3.650 francs par mois, 80% sont des femmes.

 

 

Chez les cadres, tradition oblige, les fonctions de responsabilité technique demeurent très masculines. Mais on constate que les femmes développent de préférence, une stratégie de carrière axée sur la recherche d'un travail intéressant plutôt que la recherche du pouvoir.

 

 

Elles sont au demeurant, peu nombreuses dans les états-majors des entreprises : sur les 5.000 premiers groupes et leurs 30.000 dirigeants, les femmes ne représentent que 7% des cadres.

 

Cela est dû sans doute partiellement à la réticence des femmes elles-mêmes, soucieuses d'un juste équilibre entre vie professionnelle et vie privée, mais résulte quand même essentiellement  du manque d'empressement des entreprises qui entretiennent "le plafond de verre", limite invisible mais bien réelle qui empêche les femmes d'accéder aux plus hauts postes.

 

 

Pourtant, les femmes continuent de confirmer leur participation active et volontaire au monde du travail. En 1998, la population active s'est accrue de 173.000 personnes  dont 160.000 femmes, essentiellement dans la tranche des 25-49 ans. Et, ce sont pourtant elles, dans la grande majorité, qui accroissent le pourcentage de la précarité via le temps partiel (17,1% dans le secteur privé contre 11% en 1990) alors que 41% de ces salariés voudraient travailler davantage.

 

En ce sens, le temps partiel est un élément important de la déqualification des emplois féminin et donc de la bipolarisation.

 

 

Or, la question de l'égalité professionnelle est aussi la question de l'égalité économique. Les inégalités entre hommes et femmes ne se résorbent pas naturellement, par un progrès continu. Si les femmes sont statistiquement mieux formées, s'il est reconnu qu'elles travaillent plus, le temps partiel subi, la précarité sont essentiellement féminins. De plus, les problèmes à caractère social sont devenus asexués. Si on ne parle plus, fort heureusement! de fille-mère on parle de foyer monoparental. Or, dans la réalité, 80% des foyers monoparentaux sont des femmes. Avoir des enfants, les éduquer et travailler est toujours aussi compliqué.

 

 

L'égalité n'est pas "naturellement" dans les faits; Il faut donc la "forcer" et renforcer certains textes, comme la loi Roudy de Juillet 1983 sur l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes. En bons européens, on pourrait également s'inspirer des exemples de nos voisins : par exemple, en Suède, les deux parents sont impliqués dans le congé parental.

 

 

Dans les faits, les inspections du Travail sont globalement peu actives sur le respect de l’égalité professionnelle. De plus, les évolutions récentes vont encore amplifier les écarts constatés…

 

 

 

Qu’en est-il au Crédit Lyonnais ?

 

 

Tout d’abord quelques constats, sur les 33.140 personnes reprises au bilan social 1998 :

 

CATEGORIE

HOMMES

FEMMES

Pourcentage femmes

EMPLOYES

384

845

68,8%

GRADES Classe 2

2.685

8.636

76,3%

GRADES Classes 3&4

6211

7.356

54,2%

CADRES

5.030

1.993

28,4%

TOTAL

14.310

18.830

56,8%

 

 

Ces chiffres se passent aisément de commentaires ! Au niveau des rémunérations, le constat est le même :  709 femmes sont au coefficient 375 pour une rémunération annuelle moyenne de 120.967 francs et 278 hommes pour 123.001 francs, alors que 97 femmes seulement sont classe VIII à 374.573 francs pour 563 hommes à 387.810 francs.

 

 

La rémunération mensuelle moyenne ressort à 14.108 francs pour une femme et 19.709 pour un homme, pour – rappelons-le – 56,8% de femmes sur l’effectif global.

 

 

La dénonciation de la convention collective et le nouveau projet de l’AFB, la dénonciation des usages internes au Crédit Lyonnais vont venir aggraver la situation des salariés en pénalisant particulièrement les femmes, puisque déjà moins bien loties en terme de fonctions et de revenus, elles vont perdre les avantages particuliers dont elles bénéficiaient au titre de la maternité, de l’allaitement, des congés rémunérés pour enfants malades, etc, etc…

 

 

A FORCE OUVRIERE, les femmes sont largement représentées, à des postes de responsabilité, secrétaires de comité, déléguées du personnel, représentantes syndicales, conseillères prudhommales…

 

 

Elles sont toujours combatives et vont au bout de leurs idées pour la juste défense des intérêts communs aux salariés et aux femmes lorsqu’elles se trouvent confrontées à des problèmes spécifiques (jusqu’au harcèlement qui est malheureusement toujours d’actualité !)

 

 

Dans le contexte difficile de cette fin d’année où tout est à renégocier, il faudra être de ce combat et montrer votre ténacité pour conserver les droits durement acquis.

 

 

En effet, si vous êtes enceinte aujourd’hui, on ne peut garantir que vous bénéficierez après le 1er Janvier des mêmes droits en 2000 qu’en 1999, alors que le passage à un nouveau millénaire devrait être synonyme d’évolution et non de régression !

 

 

Rejoignez le juste combat des femmes de FORCE OUVRIERE pour l’égalité professionnelle et la défense des intérêts des femmes.

 

 

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