Effort de transparence et préparation à la privatisation
Le Conseil d'administration s'est à nouveau réuni ce matin pour examiner les incidences de la décision de Bruxelles du 20 mai dernier. Nous avons exprimé à plusieurs reprises les craintes que cette décision nous inspire, notamment sur les modifications de l'outil de travail avec en corollaire les effets dévastateurs sur l'emploi et les conditions de travail.
Nous avons bien compris que la privatisation est devenue inéluctable et que le Crédit lyonnais va quitter le giron des biens de l'état pour rejoindre le secteur privé. A l'effet "panique" des propos anormaux de M. Van Miert va s'ajouter l'effet "boycott" des fanatiques du "tout à l'état" qui organiseront des actions répressives par retrait de fonds. Nous connaissons déjà ces phénomènes, mais le cumul n'améliore pas notre situation.
Les analystes n'avaient pas anticipé la décision du Crédit Lyonnais d'imputer les effets de la décision de Bruxelles dans les comptes 1997. Pourtant, ces derniers ont été arrêtés le 19 mars dernier "sous réserve des décisions de la commission".
L'incidence principale porte sur la provision nécessaire par la cession programmée des filiales Européennes dont l'Allemagne et l'Espagne qui ont été achetées au début des années 1990 avec des cours de devises supérieurs. Il y a donc un amortissement plus rapide que si ces filiales étaient restées dans le groupe.
Les provisions passent d'une définition de frais inhérents à des restructurations, à des pertes dues à un calendrier trop serré. Le flou entretenu autour de la liste des actifs à céder permet de jouer sur les offres que feront les candidats aux rachats.
Nous relevons que :
Le résultat en "Part du Groupe" n'est plus de 1 057 millions mais de 357 millions. Il faut comparer ce chiffre à celui de 1996, soit 202 millions. Même si le pourcentage d'évolution est important, il ne présente pas d'intérêt dans le contexte bancaire. Le résultat net de 1 486 millions en 96 passe à 1 670 millions (+12,38 %) au lieu de 2 370 dans l'arrêté provisoire.
Si notre avis n'évolue pas en ce qui concerne le principe de la privatisation, (nous considérons que cette position relève du rôle du citoyen lors des votes sur des programmes politiques à chaque échéance électorale), nous sommes plus que réservés sur les effets éventuels qu'elle peut amener dans notre vie professionnelle quotidienne.
En matière de communication externe, surtout vis à vis du marché, nous constatons que la Direction du Crédit Lyonnais fait preuve d'adresse dans ce cas puisque, dans l'esprit du public, 1997 restera la dernière année du Crédit Lyonnais "ancienne configuration" et l'adaptation des résultats ne changera pas profondément l'opinion publique.
Cela permettra, dans le cadre de la préparation à la privatisation d'utiliser l'année 1998, comme référence de transition et de présenter 1999 comme point de départ du "Crédit Lyonnais nouveau"
Vis à vis des marchés, l'effort de transparence devrait être reconnu et lorsque une opération de privatisation est en cours, c'est le moins que l'on doive faire. Pourtant, le cours du Certificat d'investissement devrait subir une baisse significative lors de distribution d'actions nouvelles à l'Etat lors du rachat de la clause de retour à meilleure fortune. L'effet de dilution sera calculé par le volume d'attribution d'actions à l'état pour compenser le manque à gagner sur les prélèvement de résultats. Les préservations des intérêts des actionnaires minoritaires se doivent d'être réelles sous peine de compromettre l'opération publique de ventre prévue par Monsieur Peyrelevade.
Les représentants des salariés ont demandé la création d'une commission d'enquête sur la gestion du CDR. La commission de Bruxelles a intégré les pertes passées et à venir de cette structure dans Ieur raisonnement. Pourtant, la réalité des chiffres comptables ne peut exister que lors du débouclage des opérations. Nous pouvons penser fort logiquement qu'attribuer au CL les maladresses de l'état devrait être compensé par une moindre rémunération des efforts actuels.
L'effet premier de la modification de l'arrêté des comptes, pour le personnel, porte sur le niveau de l'intéressement qui devrait baisser de plus de la moitié, alors que nous avons déjà été informés de son montant. De surcroît, beaucoup de collègues, connaissant des difficultés financières, ont anticipé cette somme. Pour les commerciaux, ajouté cela à la baisse du commissionnement : !a coupe est pleine !!!
Une rencontre est prévue !e Mercredi 10 Juin entre la Direction et les Organisations Syndicales pour traiter ce problème. Nous serons favorables à une transformation du trop perçu en prime exceptionnelle.
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