7 Mars 2000
Les résultats sont exprimés en Euros. Pour éviter des confusions, nous utiliserons les abréviations suivantes :
ME = Millions d’euros – MDS = Milliards d’euros -Pour mémoire 1 euro = 6,55957 francs
Le Crédit Lyonnais a dégagé en 1999 un bénéfice net consolidé part du groupe 3,4 fois supérieur à celui de 1998, à 553 ME contre 165 en 1998, à périmètre constant, ceci grâce à une progression des performances de tous les métiers.
Le produit net bancaire (PNB) augmente de 9,4% à 6016 ME, tiré notamment par l’évolution favorable des commissions, à hauteur de 42,7%.
Les frais généraux, à 4438 ME progressent de 5,3%. Les rémunérations variables représentent 1,8 point dont un point pour l’intéressement et la participation, ce qui signifie que les frais de personnel sont " bien maîtrisés " selon les termes consacrés.
Le résultat brut d’exploitation (RBE) s’établit donc à 1578 ME en hausse de 22,6%, amenant un coefficient d’exploitation en diminution de 3 points à 73,8% contre 76,6% précédemment.
Les provisions sont en net repli à 598 ME (contre 1143 ME en 98). La dotation à caractère prudentiel – à 284 ME - porte le montant des provisions à 979 ME, et la charge du risque ressort à 314 ME.
Le résultat net – part du groupe – est de 553 ME soit 3,6 milliards de francs.
Le total du bilan – à 173 MDS contre 209 MDS en 98 – enregistre encore une baisse de 17,2%. C’est la fin du programme de cessions fixé par Bruxelles : 94 MDS d’actifs ont été cédés ou activés entre 1995 et 1999. Fin 1999, les implantations France se chiffrent à 1896 pour un objectif de 1850 fin 2000.
C’est sur ces bases que la Banque prévoit pour 2000 – " à environnement économique comparable " - une nouvelle progression de son bénéfice.
Le rendement sur fonds propres (ROE) calculé par rapport aux fonds propres moyens part du groupe, s’élève à 10,3% contre 3,7% en 1998.
Le PNB ressort à 3200 ME (+1,9%), les frais de gestion passent de 2478 à 2490 ME, soit +0,5%. L’intéressement et la participation à 40 ME une fois déduits, on constate des frais généraux en baisse de 28 ME (1,1%) permettant une progression de 7,4% du RBE à 710 ME.
Ainsi, le résultat net ressort en augmentation de 13,3% à 410 ME.
Les commissions – à 1368 ME – progressent de 8,1% et représentent 42,7% du PNB contre 40,3% en 1998.
A noter que les ressources et les emplois progressent respectivement de 5,8 et 4,1% à 41,9 MDS
et 26,6 MDS.
A noter une progression du résultat net de 31% à 128 ME et un renforcement du dispositif.
Les actifs progressent de 23%.
Retour au bénéfice avec un résultat net de 237 ME et amélioration du profil des risques.
Sur l’Asie, le ratio de couverture des risques est porté de 23,7% à 29,8%.
La Direction s’est donc empressée de communiquer sur ces résultats. Pour elle, ceux-ci sont " satisfaisants, solides, prudents, marquant la fin de notre convalescence ".Elle considère que le Crédit Lyonnais est " amaigri et musclé, mais dans la course ! Nous devons l’accélérer pour amplifier nos modes de relation via Internet et atteindre une position de leadership dans certaines activités via les partenariats. "
Cette belle euphorie et l’annonce concomitante des chiffres de l’intéressement et de la participation après le Conseil d’Administration, confortent nos récents propos relatifs à la politique salariale de notre entreprise…
Pour information, la prime d’intéressement atteindra 199,3 millions de francs contre 95 l’année passée. A ce titre, un collaborateur ayant travaillé toute l’année 1999 à temps plein, recevra une prime individuelle de l’ordre de 6000 francs quelque soit le niveau de sa rémunération. La réserve de participation sera dotée pour la première fois depuis 1992. En application de l’accord de participation du CL, la dotation s’élèvera à 160,7 millions de francs. Cette réserve est répartie en fonction du salaire perçu au cours de l’exercice 1999. Pour un salarié dont la rémunération annuelle brute s’est élevée à 200.000 francs, le montant attribué sera de l’ordre de 4.500 francs.
Au total, les sommes distribuées représentent donc une progression de 5% sur 1998.
Voilà la grande annonce du " EN DIRECT " de ce jour ! Clairement, désormais, l’épargne salariale se substitue aux salaires et il est clairement annoncé par la communication de la Direction que cette épargne représente aujourd’hui un élément à part entière du dispositif de rémunération globale des salariés.
On se souvient que la négociation annuelle d’entreprise avait déjà mis l’accent sur ce point, de même que sur le volet désormais incontournable de la rémunération variable sur objectifs.
Si l’on sait que le résultat 1999 enregistre au titre de ses opérations exceptionnelles un budget de 26 ME de coût de privatisation, on s’étonne une fois de plus que le personnel n’ait pas touché une juste rétribution de cette opération, comme cela a pu se faire par exemple à la Société Générale pour l’OPE (3000 francs minimum par personne).
On note en outre une ligne pour coûts de restructuration de 134 ME ! Encore une ligne budgétaire qui ne prévoyait pas la juste rémunération de l’effort du réseau quand nous sommes confrontés 6 mois après le début de la nouvelle réorganisation, à une remise en cause de ce bel édifice !
Et suprême cadeau : possibilité de souscrire à une augmentation de capital à des conditions privilégiées dans le cadre du plan d’épargne !
Est-il utile de préciser que FORCE OUVRIERE souhaite une réflexion globale sur l’ensemble du système des rémunérations au CL : salaire conventionnel, versements de performance, RVO, commissionnement sur ventes, masse participative, intéressement, participation, PEE, abondements divers, stocks options…